- Distinguer le capital social des frais de création
- Prévoir les dépenses avant les premiers encaissements
- Comprendre le statut social du dirigeant
- Choisir les assurances selon les risques du métier
- Comparer les garanties autant que les primes
- Sur le même sujet
Créer une Sàrl implique de préparer bien plus que les documents de constitution. Il faut réunir le capital, financer les premières dépenses et choisir les assurances adaptées à son activité. Ces décisions sont liées : une entreprise peut disposer du capital légal requis tout en manquant de liquidités pour démarrer. Avant de signer les statuts, mieux vaut donc examiner ensemble les démarches, le budget et les risques du projet.
Distinguer le capital social des frais de création
En Suisse, une Sàrl peut être constituée par une seule personne. Son capital social minimum est de 20’000 CHF, entièrement libéré lors de la fondation. Pour une constitution avec apport en espèces, cette somme est déposée sur un compte de consignation.
Ce capital n’est pas une facture à payer au notaire. Après l’inscription au registre du commerce et le déblocage des fonds, il appartient à la société et peut financer ses dépenses professionnelles. Il ne redevient pas pour autant l’argent personnel du fondateur.
Les frais de constitution doivent être identifiés séparément : préparation du dossier, intervention du notaire, inscription au registre du commerce et éventuels frais bancaires. Pour comparer deux offres, vérifiez les prestations incluses et les montants qui resteront à votre charge.
La constitution suit ensuite plusieurs étapes : choix du nom et du siège, définition du but, rédaction des statuts, dépôt du capital et signature de l’acte authentique. Romain Prieur, fondateur d’Entreprendre.ch, a rédigé un guide consacré à la création de Sàrl en Suisse qui détaille ce parcours et les éléments à préparer avant l’inscription.
Prévoir les dépenses avant les premiers encaissements
Le budget de lancement doit tenir compte du décalage entre les dépenses et les recettes. Le matériel, les logiciels ou le loyer peuvent être payables immédiatement, alors qu’un premier client réglera sa facture plusieurs semaines après la prestation.
Un prévisionnel mensuel permet de repérer ce décalage. Recensez les achats indispensables, les charges fixes, les salaires éventuels et les cotisations correspondantes. Ajoutez les primes d’assurance et une marge pour les imprévus.
Pour éviter de compter deux fois les mêmes ressources, intégrez le capital disponible après constitution dans votre plan de trésorerie. La question est de savoir si les fonds couvrent les besoins réels du démarrage, y compris dans un scénario où les ventes arrivent plus lentement que prévu.
Comprendre le statut social du dirigeant
Travailler à son compte dans le langage courant ne signifie pas nécessairement être indépendant au regard des assurances sociales. L’associé qui travaille comme salarié de sa Sàrl relève du régime des salariés. La société doit donc organiser les affiliations et les déclarations liées à cette rémunération.
Les salariés doivent notamment être assurés contre les accidents professionnels et les maladies professionnelles. À partir de huit heures de travail par semaine chez le même employeur, la couverture obligatoire s’étend aussi aux accidents non professionnels.
L’affiliation à la prévoyance professionnelle dépend notamment du salaire, de l’âge et de la durée du contrat. Ces points doivent être examinés avant le versement des premiers salaires, même lorsque le fondateur est le seul collaborateur de l’entreprise.
Choisir les assurances selon les risques du métier
Les protections utiles varient fortement selon l’activité. Une société de conseil, un commerce et une entreprise de rénovation ne sont pas exposés aux mêmes incidents.
La responsabilité civile d’entreprise ou professionnelle mérite une attention particulière. Selon les garanties souscrites, elle peut couvrir les conséquences de dommages causés à des tiers dans le cadre de l’activité. Les prestations déclarées à l’assureur doivent correspondre à celles réellement proposées aux clients.
D’autres couvertures peuvent être pertinentes : assurance du matériel et des marchandises, protection juridique ou assurance des pertes d’exploitation après un sinistre couvert. Une entreprise qui dépend d’un local ou d’un équipement difficile à remplacer doit notamment évaluer les conséquences d’un arrêt prolongé.
Il faut aussi anticiper l’absence du dirigeant ou d’un salarié pour maladie. Une assurance d’indemnités journalières peut contribuer à couvrir le maintien du revenu assuré, dans les limites et selon les conditions du contrat.
Comparer les garanties autant que les primes
Deux contrats au même prix peuvent offrir des protections différentes. Avant de choisir, examinez les risques couverts, les exclusions, les plafonds d’indemnisation et la franchise restant à votre charge.
Une franchise élevée peut réduire la prime, mais elle suppose de pouvoir absorber cette dépense au moment d’un sinistre. Demandez également comment la couverture évoluera si vous recrutez, changez de locaux ou développez de nouvelles prestations.
En préparant ces éléments dès la création, vous obtenez un budget plus réaliste. Vous savez quelles dépenses financer, quelles obligations organiser et quels risques votre société peut supporter. Cette préparation vous laisse davantage de disponibilité pour trouver vos premiers clients et développer votre activité.
Cet article est un contenu partenaire.