- Deux hausses de taux en 2026
- De la BCE au prêt d'une PME
- Une tension déjà présente avant septembre
- Pourquoi un refus bancaire ne dit pas tout
- Ce qu'un investisseur suisse doit peser
- À surveiller ces prochaines semaines
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Contenu partenaire. Cet article est publié en partenariat avec Maclear.
La Suisse n'est pas concernée directement par les décisions de la Banque centrale européenne, mais ses investisseurs le sont souvent. Dans la zone euro, les PME qui cherchent un financement risquent d'avoir plus de mal à obtenir un prêt cet automne : le crédit devrait coûter plus cher et les accords se faire plus rares. En cause, le resserrement récent de la politique monétaire de la BCE, alors que l'économie de la zone euro reste faible, avec une croissance attendue à 0,9 % en 2026. Ce n'est pas une surchauffe qui pousse la BCE à agir, mais un choc énergétique lié à la guerre au Moyen-Orient. Résultat : une partie des petites entreprises se tourne vers d'autres sources de financement, et c'est là que l'investisseur suisse entre en jeu.
Deux hausses de taux en 2026
La BCE a relevé ses taux directeurs de 0,25 point en juin, puis de nouveau de 0,25 point en septembre. Depuis le 16 septembre, le taux de la facilité de dépôt s'établit à 2,50 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,65 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,90 %. Pour les PME, la hausse se traduit souvent par des crédits plus chers, car les banques répercutent l'augmentation de leur propre coût de financement et réexaminent le risque des nouveaux prêts.
La BCE a également revu ses prévisions d'inflation en septembre : 3,0 % maintenu pour 2026, mais 2,5 % au lieu de 2,3 % pour 2027 et 2,1 % au lieu de 2,0 % pour 2028. Tant que l'inflation reste élevée, la BCE a peu de raisons d'assouplir sa politique, et les banques restent prudentes. Le prochain rendez-vous est fixé au 29 octobre : les marchés évaluent à environ 58 % la probabilité d'une nouvelle hausse, à 2,75 %.
De la BCE au prêt d'une PME
Une hausse de taux atteint le crédit d'une PME par trois voies. Le prix d'abord : l'Euribor et les autres taux de référence suivent la BCE, et un prêt à taux variable révisé chaque trimestre peut devenir plus cher en moins de trois mois. Le financement des banques ensuite : au deuxième trimestre 2026, les banques de la zone euro ont signalé un accès plus difficile aux marchés obligataires, au marché monétaire et aux dépôts, et s'attendaient à pire au troisième trimestre. Moins de ressources, c'est moins de crédit disponible, même quand la demande est là. L'accord du prêt enfin : plutôt que de relever encore leurs taux, les banques exigent plus de garanties, réduisent les montants ou refusent.
Une tension déjà présente avant septembre
Les chiffres de la BCE montrent que le crédit se tendait déjà avant la seconde hausse. Selon l'enquête SAFE, 43 % des PME (en solde net) ont vu les taux de leurs crédits bancaires augmenter au deuxième trimestre 2026, contre 24 % au premier, alors que la part des PME demandant un prêt passait de 17 % à 19 %. Dans l'enquête sur la distribution du crédit bancaire, le solde net des banques signalant davantage de refus aux entreprises est monté de 3 % à 6 %, et à 7 % pour les PME, un niveau inédit depuis fin 2024. La hausse de septembre frappe donc un marché déjà plus sélectif.
Pourquoi un refus bancaire ne dit pas tout
Pour limiter leur risque, les banques écartent parfois des dossiers sains. Une PME peut être refusée parce que ses garanties sont jugées insuffisantes, que la banque est déjà trop exposée à son secteur, que le prêt demandé est trop petit pour être rentable à instruire, ou que la durée souhaitée ne correspond pas à son modèle. Aucun de ces motifs ne signifie que l'entreprise est fragile.
Les prêteurs non bancaires voient donc arriver deux types d'emprunteurs : des entreprises réellement en difficulté, et d'autres, viables, qui ne rentrent simplement plus dans les cases des banques. Pour l'investisseur, tout l'enjeu est de distinguer les deux. Les plateformes de crowdlending qui sélectionnent strictement leurs dossiers, comme Maclear, basée à Wallisellen, analysent l'emprunteur et le prêt avant de les proposer aux investisseurs.
Ce qu'un investisseur suisse doit peser
Des taux plus élevés améliorent le rendement des nouveaux prêts, mais ils alourdissent aussi la charge des emprunteurs : les intérêts absorbent une plus grande part de leur trésorerie, ce qui augmente le risque d'impayé. Quelques critères aident à trier. Les flux de trésorerie disent si l'entreprise peut payer intérêts et capital. L'endettement existant indique sa marge de manœuvre. Une garantie offre une source de récupération en cas de défaut, mais sa valeur dépend de l'actif, de sa liquidité et de la structure juridique de la sûreté. Un LTV bas, c'est-à-dire un prêt nettement inférieur à la valeur de la garantie, réduit l'exposition.
S'y ajoute un risque propre aux investisseurs suisses : la monnaie. Ces prêts sont généralement libellés en euros. Si le franc s'apprécie face à l'euro, une partie du rendement disparaît une fois les intérêts reconvertis en francs. Côté cadre, Maclear est affiliée à PolyReg, un organisme d'autorégulation reconnu par la FINMA qui contrôle le respect de la loi sur le blanchiment d'argent. Ce n'est pas une surveillance prudentielle comme celle d'une banque. Enfin, les intérêts perçus sont imposables et les montants investis entrent dans la fortune déclarée.
À surveiller ces prochaines semaines
La décision de la BCE du 29 octobre donnera le premier signal. L'enquête d'octobre sur la distribution du crédit bancaire montrera ensuite comment les banques ont ajusté leurs critères, la demande et les refus au troisième trimestre, et la prochaine enquête SAFE dira comment les PME ont vécu ces changements. Ensemble, ces données indiqueront si le resserrement monétaire se transforme en véritable crise du crédit.
Cet article ne constitue pas un conseil en placement. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.
Sources : BCE, décisions de politique monétaire du 11 juin et du 10 septembre 2026 ; BCE, projections macroéconomiques de septembre 2026 ; BCE, enquête sur la distribution du crédit bancaire dans la zone euro, deuxième trimestre 2026 ; BCE, enquête sur l'accès des entreprises au financement (SAFE), deuxième trimestre 2026.
Cet article a été publié dans le cadre d'un accord commercial.